Les cinq premières éditions ont défini la colonne vertébrale du projet, basé sur un concept de
« création momentanée » durant l’événement, en osant des rencontres artistiques improbables
et en reliant le continent africain, via le soutien de créateurs en émergence avec d’autres plus
expérimentés.
Cet événement résolument LOCAL-INTERNATIONAL PLURI-DISCIPLINAIRE fait le pari de
la rencontre à partir de l’Afrique et de l’art chorégraphique d’aujourd’hui, à partir du Mans et
de la Sarthe.
. Je suis
. Une quinzaine en biennale et des rendez-vous annuels
. Objectifs
. Du constat à l'implication
. Florence Loison, direction artistique
Je suis
Direction artistique selon Florence Loison
« Je suis
Née de rencontres vécues ailleurs, en mobilité régulière en Europe, Afrique et ailleurs 1997.
Née de rencontres vécues ici, à travers la France, entre art chorégraphique, anatomie, musique, éducation populaire, militantisme associatif.
Danseuse, chorégraphe, bidouilleuse musicale.
Provocatrice de rencontres,à travers des projets culturels.
Militante active au sein de collectifs associatifs ou informels, alternatifs, autogérés.
Arrivée à une révélation de sens en 2003, investie pleinement dans la défense d’un essentiel, avec une multitude d’autres citoyens en grève, en lutte, en transformation, en propositions.
Depuis,
Je dis "je" quand je danse.
Lignes Africaines est une autre manière de le dire aussi.
La rencontre me donne une idée du monde qui n’est pas naïve, qui me forge un esprit critique et me pousse à une traduction à la fois artistique et dans l’action organisée.
Le société m’impose de ne pas rester à une seule et même place.
J’absorbe cette contrainte pour tenter de vivre en pleine conscience, avec la différence des autres.
J’en suis à la question suivante
Comment et où continuer à créer de la pensée et des gestes artistiques, pourquoi et dans quelles conditions ?
Et à l’envie, l’imagination suivante
Nous, artistes, acteurs et spectateurs-acteurs de l’art, avons besoin de nous réapproprier des espaces-temps de laboratoires vivants, à partager de manière multidimensionnelle, multiple et variée.
Et de nous poser la question du « entre », puisque nous nous posons sans cesse la question de la rencontre ou de son absence.
Qu’est-ce que « entre » ?
Qu’y a-t-il « entre »
deux points,
deux endroits,
deux personnes qui se rencontrent ?
Une quinzaine en biennale et des rendez-vous annuels
L’objectif 2010 de Zutano baZar est de prendre le temps de structurer l’événement pour approfondir la démarche.
Il s’agit de trouver davantage de soutien (financiers, techniques, logistiques) et de nouveaux partenaires en région et à l’international, afin que l’événement accroisse sa résonnance dans les années à venir (publics, réseaux). Ainsi, la quinzaine reviendra en 2011.
Ceci étant, l’événement ne peut laisser de côté les partenaires locaux et régionaux qui ont patiemment tissé les premières lignes. C’est la raison pour laquelle, un temps fort intitulé ENTRE LES LIGNES aura lieu tous les ans, de manière plus succincte, afin non seulement de rendre pérenne la réflexion avec les partenaires , de projeter la quinzaine à venir mais aussi de garder contact avec les publics.
Sorte d’avant goût de 2011, questionnera la question du « entre »,
avec certains des invités qui seront présents l’année suivante..
Objectifs
- Principe de « création momentanée » proposé à des artistes d’ici et d’ailleurs, en art vivant et art visuel sur le temps du festival. Favoriser la recherche en danse contemporaine et autres formes artistiques.
- Provoquer la rencontre avec les publics via diverses formes : spectacle, débat, présentation de laboratoire, pratique artistique amateur, exposition…
- Inscrire les rendez-vous dans un pluri-partenariat local, régional, inter-régional et international.
- Favoriser la mise en commun de réflexions et de moyens de production
(accueils en résidence, co-production, diffusion) entre structures transnationales, au services de la création contemporaine, quelque soit son pays d’origine.
Du constat à l’implication
Lignes Africaines est né suite à un constat de manque de visibilité sur le territoire national des expressions artistiques issues du continent africain, pratiquées ou non par des Africains.
En réponse au mouvement de grève nationale durant le printemps et l’été 2003 dans les secteurs de l’éducation, de la culture, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Florence Loison, danseuse professionnelle, a décidé de réaliser un événement qui aurait pour ambition de provoquer la rencontre, du local à l’international, en donnant la parole aux créateurs dans les domaines des arts vivants et arts visuels.
Issue des danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et des danses contemporaines d’Afrique et d’Occident, elle a souhaité créer un événement annuel qui a pour objectif « de questionner la relation humaine dans les cités plurielles d’aujourd’hui ».
Imaginé à partir de l’identité culturelle de ses origines géographiques et actuel territoire de son développement artistique au sein de la compagnie Zutano baZar (Le Mans, La Sarthe), elle affirme une direction artistique centrée sur la rencontre avec le différent et s’impose la notion de circulation comme condition nécessaire à la réalisation de ce festival unique en France et en Europe.
Du spectateur lambda aux réseaux associatifs, d’éducation populaire, de l’enseignement et de la création artistique et en lien avec les représentants élus de nos collectivités et de leurs politiques territoriales, l’événement s’organise dans le pluri-partenariat sans cesse renouvelé, augmenté, répété avec des structures locales, départementales, régionales et internationales, afin de mettre en commun les réflexions et les moyens de réalisation.
Lignes Africaines est donc un événement qui a pour objectif de relier, de « tracer des lignes » entre les gens et les espaces.
" Mon regard de danseuse me porte vers des réflexions autour de la place du corps et de la relation à l’autre dans nos cités.
Dans notre époque extrêmement virtualisée, où la représentation du corps prend le pas sur sa propre entité, je me demande comment continuer à rencontrer l’autre physiquement, réellement.
Comment continuer à faire le pari de la rencontre?
Quel sens des rendez-vous culturels selon ce point de vue ? Comment préserver et développer des rencontres possibles avec un créateur, un auteur, un penseur?
Comment faire pour que ce pas, ce geste de s’être déplacé ne reste pas banal ni pour celui qui l’a provoqué, ni pour celui qui a choisi de le vivre ?
Comment continuer à faire en sorte que le contact avec une œuvre reste un choc émotionnel, une rencontre exceptionnelle riche de « nourriture »? "
Florence Loison, directrice artistique
Interview de Florence